18e session Wallimage/Bruxellimage : le triomphe de la cinédiversité

  • 01.10.2014

Ana, 24 ans, quitte un tournage de film sur lequel elle ne trouvait pas sa place, pour revenir à Strasbourg, la ville de son adolescence. Elle se donne pour mission de changer la baignoire de sa grand-mère pour une douche de plain-pied, configuration plus adaptée à son âge avancé.
Le pitch vous semble incongru? Il l’est. Mais Seule comme une baignoire (Baden Baden) est un projet réjouissant qui évoque Mobile Home (autre production de Tarantula) tout en s’inspirant ouvertement du cinéma indépendant américain.
Autre élément étonnant : il s’agira de la troisième partie d’un triptyque que la réalisatrice Rachel Lang a débuté avec deux courts métrages couverts de prix. Salomé Richard, son actrice principale, était déjà à l’affiche de Pour toi je ferai bataille et Les Navets blancs empêchent de dormir. Le tournage s’est déroulé cet été; place maintenant à la phase de postproduction.

Proposé par Alain Berliner, Missing Paper est un projet initié en Italie par le réalisateur/producteur Renzo Martinelli à qui on doit notamment L’Affaire des cinq lunes. Cet homme érudit et curieux est fasciné par les manipulations politiques et a enquêté pendant plusieurs années sur le crash d’un avion de ligne italien qui, selon lui, aurait explosé à la suite d’une collision avec un avion de chasse américain. Sa théorie (très populaire en Italie) deviendra un thriller qui, comme ses films précédents, est destiné à remettre en cause les résultats de « l’enquête officielle » qui ne satisfont pas grand monde. Lubna Azabal jouera un rôle capital dans ce film dont le tournage sera assuré par quelques techniciens belges et en partie postproduit chez Dame Blanche Genval et au Pôle Image de Liège (chez Mikros).

Le troisième long métrage de fiction choisi par le CA de Wallimage/Bruxellimage n’est certainement pas le moins attendu: Noces sera le troisième long métrage signé par Stephan Streker (photo) après l’expérimental Michael Blanco et l’esthétique Le Monde nous appartient. Daylight (Michael Goldberg et Boris Van Gils) produit ce drame au scénario remarquable qui, par son sujet et les promesses qu’il recèle, pourrait permettre au cinéaste bruxellois d’acquérir une réputation enviable au niveau international. À suivre, de (très) près.

Documentaire décliné en trois épisodes de 52 minutes et en un long métrage unique, Archibelge est une fascinante exploration de l’architecture belge à travers trois de ses pôles les plus incongrus : l’urbanisation bruxelloise, l’étrange propension wallonne à construire en bordure des axes routiers et la non moins singulière (et horripilante pour beaucoup) bétonisation de la côte belge.
Trois chapitres, trois axes, trois époques, trois façons d’appréhender un pays complexe. Car à travers l’architecture, les auteurs du scénario se livrent à une formidable analyse sociologique de la Belgique qui amuse, intrigue et passionne. Ce projet est produit par Playtime et Offworld qui nous avait déjà apporté la série Red Star Line, une des vraies réussites documentaires de ces dernières années.

On reste à la télévision, mais via le téléfilm unitaire pour TF1 avec L’Emprise: une première pour Wallimage et/ou Bruxellimage. Coproduit en Belgique par Scope qui a, comme d’habitude, rapatrié chez nous pas mal de dépenses, ce drame poignant construit autour d’un procès réel nous plonge sans aucune concession dans le quotidien d’une femme battue par son mari « si sympa ». Sans aucun doute, l’Emprise s’inscrit dans la lignée de Ce soir, j’ai tué l’assassin de mon fils, fiction haut de gamme avec de formidables acteurs, couronnée par un carton d’audience. Pierre Mertens est l’ingé son du film, dont la déco est signée Noëlle Van Parijs. Le tournage s’est achevé vendredi. Odile Vuillemin (Profilage), Fred Testot et Marc Lavoine en sont les comédiens principaux. Un film de salubrité publique qui risque de remuer quelques âmes sensibles.

Dernier dossier épinglé par le conseil d’administration de Wallimage/Bruxellimage pour cette première session de la saison 2014/2015, La Trève, une série en dix épisodes produite par Helicotronc dans le cadre de l’appel à projets lancé par la RTBF et la fédération Wallonie-Bruxelles. Le financement des fonds régionaux est d’ailleurs conditionné à un engagement ferme de ces deux organismes.
Thriller feuilletonnant remontant les fils d’une enquête criminelle, La Trêve est aussi l’histoire d’un homme en déséquilibre : Yoann Peeters, un flic au flair indiscutable, au passé obscur et à l’avenir incertain. Les références avouées des auteurs sont Broadchurch et True Detective. On ajoutera The Killing que le scénario et l’ambiance évoquent tout autant.
L’histoire a été écrite par un jeune trio prometteur constitué de Stéphane Bergmans, Benjamin D’Aoust et de Matthieu Donck (Torpedo) qui contribuera aussi à sa réalisation avec un casting 100% belge composé de comédiens reconnus comme Yoann Blanc, Guillaume Kerbusch ou Catherine Salée.