Ces fonds généreront au minimum 12 464 415,54 € de dépenses en Région wallonne, affichant ainsi un taux de réinvestissement de 814,67 %. Il convient de préciser que ce montant se limite aux dépenses audiovisuelles éligibles auprès de Wallimage. Par ailleurs, les douze tournages prévus au cours des quatre prochains mois sur le territoire wallon ne manqueront pas d’engendrer d’importantes recettes annexes, confirmant une fois de plus que le secteur de l’audiovisuel, et du cinéma en particulier, constitue l’un des moteurs les plus vivifiants de l’économie régionale.
Trois longs métrages français attractifs.
Thriller historique en costumes, Les poisons, réalisé par Marc Dugain, suit la Marquise de Brinvilliers durant la tragiqueAffaire des Poisons, entre émancipation et complots de cour. La structure de ce projet porté par Scope Pictures ressemble beaucoup à un autre film que nous avons cofinancé par le passé, L’Echange des Princesses. Même productrice, même réalisateur français, même déplacement du tournage et de l’essentiel des dépenses en Belgique et très spécifiquement en Wallonie. L’équipe mobilise 46 technicien·ne·s, des figurant·e·s et la production lors du tournage chez nous. Les prestataires de la région assurent la location de matériel, la gestion des rushes, le mastering, l’étalonnage, ainsi que le mixage et le bruitage.
Toujours dans cette dynamique de délocalisation massive des tournages et de la postproduction vers nos jolies contrées, Les Profs 3 : retour vers le passé, réalisé par Pierre-François Martin-Laval, propulse les enseignant·e·s et l’inénarrable Boulard en 1815. Face à eux, Napoléon, prêt à engager la bataille de Waterloo… qu’il est peut-être encore temps d’empêcher. Coproduite par Umedia Production, cette comédie multiplie figurant·e·s et costumes, justifiant de nombreux jours de tournage locaux et un puissant effet multiplicateur pour l’économie régionale. Le plateau mobilise 31 technicien·ne·s, dont un monteur son wallon, et sollicite les prestataires locaux pour le casting, les effets visuels (VFX), les loges ainsi que la location de matériel.
Enfin, Trois c’est bien dépeint le quotidien d’un couple égoïste qui, se réveillant inexplicablement parents de trois enfants, cherche désespérément à retrouver sa vie d’avant. Réalisée par Frédéric Quiring et coproduite par Movykon, une structure bruxelloise soutenue ici pour la première fois, cette adaptation de la comédie italienne Tre Di Troppo bénéficie de l’appui de diffuseurs majeurs. Le tournage fera escale à Court-Saint-Étienne. La production engage quinze technicien·ne·s et collabore avec des professionnel·le·s wallon·ne·s pour le catering, la régie, le gardiennage, les effets visuels (VFX), la location de matériel ainsi que la composition de la bande originale.
Deux coproductions minoritaires internationales intrigantes.
Le savoir-faire technique régional s’exporte et attire des productions venues de toute l’Europe.
Le drame psychologique néerlandais Birk de la réalisatrice Jenneke Boeijink, se déroule sur une île isolée où Dora, veuve, partage sa vie avec son fils, rongé par la culpabilité. Coproduit par Wrong Men, ce drame captivant retient l’attention par la présence de Nathalie Emmanuel, star internationale qui a elle-même demandé à passer l’audition et accepté de réduire son cachet habituel pour ce rôle exigeant. Tourné aux îles Féroé, le projet embarque sept technicien·ne·s wallon·ne·s. La postproduction s’effectue en région via le studio SEW pour le son et l’étalonnage, la conception de certains costumes, les VFX, les génériques, les sous-titres et la musique.
Dans le registre du thriller économique, Unicorn de Michele Alhaique retrace l’ascension et la destruction médiatique d’une startup italienne spécialisée dans le bioplastique, orchestrée par un trader activiste américain. Inspirée d’une histoire vraie illustrant les déviances du système boursier actuel et la difficulté de défier les puissants lobbys, cette œuvre, coproduite par Tarantula, s’annonce passionnante. Six technicien·ne·s locaux·les seront mobilisé·e·s sur les plateaux, en Italie et à Toronto. Outre le casting, l’intégralité de la postproduction sonore a été confiée à la Wallonie : le montage sera assuré par Monte le son, le mixage par Mute & Solo et le bruitage par les COB Studios.
Séries, Unitaires et longs métrages dérivés
La série Johnny Biloute, réalisée par Dany Boon, suit les péripéties de Rudy, un motard fan de Johnny Hallyday qui se bat pour sauver son club face au projet de casino d’une mafia soutenue par le maire véreux de la ville. Cette comédie aux accents chtis, développée pour Netflix, est portée par 26 DB PRODUCTIONS, la société belge de Dany Boon, et par Artemis, qui assure la production exécutive, marquant ainsi le retour de l’auteur-réalisateur-acteur à ses fondamentaux. Le tournage fera escale 17 jours en Wallonie, mobilisant quinze technicien·e·s wallon·ne·s, dont plusieurs chef·fe·s de postes clés tels que le chef machiniste, le chef électricien et l’ingénieur du son. Les prestataires régionaux sont activement impliqués, notamment KGS Wallonia pour la caméra, la lumière et la machinerie, ALVM pour le son, Eat Me pour la cantine, ainsi que Benuts-Wizz District pour la création des effets visuels.
Quartier des banques (saison 3) de Romain Graf se greffe sur un événement historique de premier plan, la fin de la stricte neutralité bancaire suisse suite à la guerre en Ukraine, comme puissant moteur narratif. Coproduite par Panache Productions et La Compagnie Cinématographique, cette série suisse continue à traquer les secrets financiers des oligarques. Elle mobilise 26 technicien·ne·s sur le tournage en Wallonie, ainsi que le catering et la régie. L’écosystème régional intervient aussi pour la location de matériel, les VFX, l’étalonnage et la postproduction sonore. Avec toujours l’excellente Laura Sepul en tête d’affiche.
Meurtres à Bouillon n’est pas vraiment une série, mais c’est un unitaire télévisé intégré dans une collection virtuelle, parfaitement identifiée par le ou la téléspectateur·rice. Dirigée par Lionel Delhaye, cette escapade ardennaise suivra l’enquête sous tension menée par deux inspectrices aux vies opposées après la découverte d’un homme mort, mis en scène selon la mythique légende du Chevalier au Cygne. Produit par AT-Prod SA, ce projet souligne la volonté forte d’ancrer la célèbre franchise en Belgique, avec l’ambition de produire un épisode annuel en totale autonomie tout en se concentrant sur une ville belge et son folklore. Le tournage se déroulera exclusivement dans la région de Bouillon durant 17 jours. L’équipe fait appel à 23 technicien·ne·s wallons sur le plateau, ainsi qu’à des ressources locales pour le casting et la location de matériel. La postproduction sollicite également l’expertise régionale, avec une prise en charge complète du son, d’une partie de l’image et des effets visuels (VFX).
Apprenant la tumeur de la grand-mère Gisèle, la famille Berthet l’emmène camper pour d’ultimes vacances qui ravivent secrets et souvenirs et provoquent des réactions imprévisibles. Les noms vous sont familiers ? Normal ! Dans la continuité des deux saisons de la série éponyme, couronnée aux René 2026 par le public, BARAKI Le Film de Fred De Loof vient clore une aventure audiovisuelle de dix ans avec tous ses personnages emblématiques. Le récit propose une fin épique pour cette comédie dramatique toujours portée par KOKO arrose la culture. Le plateau occupe 24 technicien·ne·s, dont plusieurs chef·fe·s de postes clés tels que le chef opérateur, le décorateur, les créatrices de costumes, l’électricien et le machiniste. S’y ajoutent l’étalonnage, le montage son, le mixage, la musique originale et la location technique.
L’animation garde le cap
L’expertise wallonne en animation maintient aussi un volume de travail intense pour les studios de la région. Après une session où Waooh ! avait dominé les débats, c’est ici Dreamwall qui tire son épingle du jeu.
Véritable pilier du catalogue Wallimage depuis plusieurs années, la série animée Les Schtroumpfs entame déjà sa quatrième saison. Sous la direction du réalisateur français William Renaud, nos lutins bleus reprendront leur éternel combat contre Gargamel. Produite par Peyo Productions, cette suite s’inscrit dans la lignée des opus précédents, avec une part majeure de l’animation confiée au studio régional Dreamwall. Ce projet mobilise intensément les talents locaux, de l’animation à la supervision, tout au long de centaines de jours de travail, tandis que le doublage anglophone sera assuré par Sonhouse Wallonie.
Le studio de Marcinelle est également au cœur de la production de la seconde saison des Filles de Dad. Réalisée par David Klein, cette série dépeint le quotidien de quatre sœurs élevées par leur père célibataire, entre rivalités fraternelles et solidarité. Coproduite par Belvision et forte du succès de la première saison ainsi que du million d’albums vendus de la bande dessinée originale, cette suite concentre ses opérations régionales sur la préproduction et l’animation. Elle assure ainsi une charge de travail conséquente en employant 26 personnes qui représentent 18,7 ETP/un an.
Rendez-vous fin mai
Cette 129e session du CDC confirme le rôle central de la Wallonie au sein de la production audiovisuelle européenne. La présence de cinq longs métrages cofinancés par nos soins en sélection officielle au Festival de Cannes, accompagnée d’un film d’animation en ouverture de la Semaine de la Critique, en témoigne concrètement.
Les producteur·rice·s souhaitant soumettre un projet pour la session à venir ont jusqu’au jeudi 28 mai pour déposer leur dossier. Les échanges préparatoires, ouverts à tous, débuteront le jeudi 21 mai.