Wallonie sur Croisette : Un Grand Cru pour Wallimage au 79e Festival de Cannes

Envers et contre tout, Le Festival de Cannes demeure ce sanctuaire inégalé où, entre deux montées de marches, les films acquièrent en quelques projections une réputation planétaire.

Pour cette édition 2026, qui se tiendra du 12 au 23 mai, la Wallonie pourra s’enorgueillir d’une présence particulièrement rayonnante puisque le fonds régional Wallimage accompagne pas moins de cinq longs métrages en sélection officielle. Un résultat exceptionnel qui témoigne non seulement d’un flair artistique aiguisé de notre équipe d’analyse, mais surtout d’une solidité technique devenue indispensable aux productions d’envergure.

  • 09.04.2026
La Vénus Electrique

L’honneur d’ouvrir le bal revient à Pierre Salvadori avec La Vénus Électrique, présenté hors compétition. Ce récit nous transporte dans le Paris de 1928, où un peintre en deuil (Pio Marmaï) retrouve l’inspiration par l’entremise d’une voyante de fortune (Anaïs Demoustier) qui est en réalité une modeste foraine. Cette coproduction Versus a largement irrigué la région liégeoise, mobilisant durant deux semaines de tournage, vingt-deux technicien·ne·s et de nombreux figurant·e·s, tout en confiant l’intégralité de sa post-production sonore et de ses effets visuels aux talents de notre territoire.

La compétition officielle, cœur battant du festival, accueillera deux œuvres aux antipodes mais tout aussi bouleversantes. Lukas Dhont, déjà auréolé de succès avec Girl (caméra d’or) et Close (Grand prix), y présentera son projet le plus ambitieux à ce jour : Coward. Ce drame historique nous plonge dans les tranchées de 1916 pour y explorer l’amour et l’art comme ultimes remparts à la barbarie. Outre la coproduction belgo-belge entre the Reunion et Versus, le film met en lumière la révélation Emmanuel Macchia, un jeune acteur carolo dont la performance a, dit-on, déjà époustouflé les équipes de tournage.

À ses côtés, le maître iranien Asghar Farhadi revient avec Histoires parallèles, un film choral au casting vertigineux réunissant (notamment) Isabelle Huppert, Virginie Efira et Vincent Cassel. À travers le portrait d’une romancière dont la fiction finit par dévorer la réalité, Farhadi signe une coproduction européenne d’envergure (Panache et La compagnie cinématographique en Belgique) où l’expertise wallonne s’est illustrée dans la précision du mixage sonore et des effets numériques.

Le genre de l’animation ne sera pas en reste avec la sélection en Séance de minuit de Jim Queen. Ce film de Marco Nguyen et Nicolas Athané suit les déboires absurdes d’un influenceur fitness gay confronté à une situation médicale pour le moins inhabituelle. Derrière l’humour décapant se cache un travail de titan effectué à Liège : le studio Waooh ! a assuré la majeure partie du layout et de l’animation sur près d’un an de production. Merci à Umedia de nous avoir proposé ce projet hors normes.

Enfin, le souffle de l’épopée historique balayera la Croisette avec La Bataille de Gaulle : L’Âge de Fer d’Antonin Baudry, coproduit chez nous par Beside. Première partie d’un diptyque attendu pour l’été (sorties en juin et en juillet), ce film de 2h30 retrace le destin solitaire d’un général refusant la fatalité nazie pour inventer la Résistance. Pour donner corps à cette fresque portée par l’immense Simon Abkarian, Wallimage a soutenu le travail de la société Benuts, chargée d’une partie des effets spéciaux.

Si d’autres surprises pourraient encore émerger de l’annonce des sélections parallèles attendues la semaine prochaine, la Wallonie a déjà gagné son pari : celui d’être le moteur discret mais puissant d’un cinéma qui ne craint ni le grand spectacle, ni l’émotion pure. Ni les récompenses, ni le succès public ! Et tout cela, bien sûr, en mettant en valeur l’expertise de nos technicien·ne·s, acteur·rice·s et prestataires de postproduction.