54e session Wallimage : les frères, deux doses d’émotion, une de rire et d’hémoglobine

  • 07.07.2015

Même si ce n’est pas une surprise, ne pensez pas que les films du fleuve n’ont qu’à paraître pour convaincre. Non ! Mais les frères, comme à leur excellente habitude, tourneront l’intégralité de ce long métrage en région liégeoise avec des talents belges.

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Le casting sera presque exclusivement wallon à l’exception de la comédienne principale: la jeune Française Adèle Haenel, César 2015 de la meilleure actrice pour Les Combattants. Un choix pertinent tant elle semble proche de l’univers des frères: instinctive, sauvage, guidée par une ferveur touchante.

En plus de nombreux acteurs, Jean-Pierre et Luc emmènent évidemment dans cette aventure leur fidèle équipe technique et feront l’essentiel des travaux de postproduction en Wallonie. Le film qui sera tourné d’octobre à décembre sur 53 jours devrait être prêt assez rapidement.

Pour le mois de mai 2016?

Les trois autres films retenus lors de cette session sont des coproductions. Très différentes les unes des autres. Si deux sont teintées d’une forte dose d’émotion, la troisième est carrément un film d’horreur, assez trash, mais très (très) drôle.

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Présenté lors du marché Frontières qui a été accueilli tant au festival Fantasia de Montréal en juillet 2014 qu’au dernier BIFFF bruxellois, Girls with balls est un film d’initiative française qui raconte les mésaventures d’une équipe de volleyball féminine coachée par un certain Michael Youn. Livrées en pleine campagne aux délires d’une bande de chasseurs dégénérés, emmenés par… Danny Trejo, les filles vont tout faire pour sauver leur peau. Get the picture?

Ce survival qui peut évoquer Deliverance dans son pitch ne se prend pas une seule seconde au sérieux. Le projet a su séduire Entre Chien et loup qui nous a proposé de cofinancer ce film atypique et hilarant dont le tournage passera par la Wallonie. L’image sera traitée au studio l’équipe et les effets spéciaux exécutés par Mikros Liège. Ce département ne sera pas laissé au hasard puisqu’Olivier Alfonso qui signe ici son premier long métrage est un spécialiste FX qui a œuvré sur de très nombreux films (9 mois ferme, La french…) et séries (les revenants, Braquo…). Efficacité !

image Plus classique dans sa facture, mais susceptible d’être une excellente surprise aux box-offices belge et français, L’Amour en Braille sera le 3e long métrage réalisé par Michel Boujenah: un projet qui lui tenait terriblement à cœur tant il a depuis longtemps l’envie de tourner un film basé sur des enfants. Ce sera donc cette adaptation du roman de Pascal Ruter.

Marie, 12 ans, bonne élève et violoncelliste prometteuse a un secret : elle est atteinte d’une maladie dégénérative de la vue. Elle sait qu’inéluctablement, un jour, elle devra vivre dans le noir. Ses parents envisagent de lui faire intégrer sur le champ un institut pour jeunes aveugles. Or, Marie s’est fixé pour objectif de passer l’examen d’entrée d’une prestigieuse école de musique à la fin de l’année scolaire et elle va tout faire pour qu’on ne se rende pas compte que la maladie gagne beaucoup de terrain. Avec l’aide de Victor, un camarade de classe très amoureux d’elle, elle va se battre et tenter de donner le change.

Grâce à Nexus factory, qui a fait un formidable travail de préproduction, l’intégralité du tournage aura lieu en Belgique (45 jours dont 43 en Wallonie) avec une équipe technique belge emmenée par le chef opérateur Vincent Van Gelder. Toute la postproduction sera aussi effectuée en Wallonie, notamment chez Mute&Solo et Dame Blanche. La musique sera signée par New Frontier Films, donc par Sylvain Goldberg lui-même.

Aux côtés de Charles Berling, de Pascal Elbe et de deux jeunes comédiens qui porteront le film sur leurs épaules, Laurent Capelluto hérite en outre d’un joli rôle secondaire

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Le dernier dossier manie aussi l’émotion avec une vraie virtuosité et un sens aigu du suspense. C’est Scope Pictures qui a amené ce troisième long métrage de Lola Doillon qui contera l’exode d’un groupe d’enfants, conduit par une fillette imaginative et volontaire, mais traqué par les nazis. On est en plein conflit mondial et la vie des enfants ne tient qu’à un fil.

Fanny, qui va hériter de cette terrible responsabilité grâce à sa personnalité de (com)battante hors pair, sera interprétée par une jeune belge, inconnue jusqu’ici, Léonie Souchaud.
Les autres enfants seront wallons et français tandis que les deux figures adultes positives du film seront incarnées par Cécile de France et Stéphane De Groodt.

Si le tournage se déroulera essentiellement dans des décors naturels en France et en Suisse, la postproduction sera entièrement réalisée chez nous: le montage se déroulera à la Baraque à films, le son sera travaillé au Studio l’Equipe et les trucages numériques seront réalisés chez Benuts.

Un autre dossier en béton qui s’est logiquement imposé dans une session de très haute qualité qui referme sur une note très enthousiasmante cette saison 2014/2015.